Geologie sur La Traversée Sancy Ouest à Ski

Publié le par Bastien

Ce n’est pas parce que le skieur fait la TSO qu’il ne va pas s’attarder sur le paysage, au contraire.

Le parcours commence au pied du Puy de Pertuyzat, ancien cœur de volcan appartenant au stratovolcan du Sancy.

Pour présenter brièvement ici ce type de volcan, il s’agit d’une zone volcanique accompagnée en profondeur d’une chambre magmatique de taille importante ramifiée à plus faible profondeur en petites chambres magmatiques. Cet arrangement donne lieu à l’apparition de nombreux point d’émission de lave avec des compositions chimiques variées et aussi des activités éruptives différentes. Les stratovolcans ont une période d’activité longue qui peut être entrecoupée de phases de repos. Chaque période d’activité peut modifier considérablement son allure.

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le massif du Sancy côté Super-Besse

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Le Sancy est assez ancien pour avoir subit les 2 dernières glaciations. Le massif ne ressemble pas à ce qu’il était à la fin de son activité volcanique, il est largement creusé par l’érosion.

En grimpant en direction de la plaine de l’Estivadoux le skieur se rapproche d’un ensemble de volcans beaucoup plus récents, c’est à dire aussi récent que la Chaîne des Puys. Ces volcans sont monogéniques, c’est à dire qu’ils connaissent généralement une seule éruption pendant une courte durée.

Les édifices facilement observables sont:

Le Pavin, de type maar, qui est rempli par le Lac Pavin. Il est observable à l’entrée du secteur nordique Montchal depuis un point de vue aménagé. Un maar est un type de volcan crée par la rencontre, lors de l’éruption, du magma avec d’importantes quantités d’eau. Lors de cette rencontre n’importe quel type de magma produit une éruption explosive. La lave est réduite en poussière (cendre) et fragments de roche qui sont projetés en altitude et dispersés par le vent. Par conséquent l’édifice externe construit par les retombées est peu élevé et constitue un anneau comportant les éléments les plus grossiers (tuff). Cet anneau est largement boise autour du lac Pavin.

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Le lac Pavin avec le versant de Super-Besse en arriere-plan

Un autre maar peut être observé plus tôt sur le parcours, lorsque le skieur extenué après la grande montée initiale débouche sur la plaine de l’Estivadoux et remarque un étang (exactement tourbière) à travers la neige. Ceci n’est qu’autre que le maar d’Estivadoux qui a été presque entièrement comblé par les dépôts volcaniques du Montchal et du Pavin.

Le skieur reprend alors sa route, reposé après avoir contemple un édifice volcanique à peine visible sous la neige. Il arrive alors au belvédère du lac Pavin et doit se reposer de nouveau après s’être fait prendre par surprise par le plat montant de la plaine de l’Estivadoux. Heureusement il peut facilement prétendre qu’il est en fait intéressé par le panneau géologique explicatif.

Le skieur est maintenant parfaitement échauffé pour avaler les kimomètres et le dénivelé de la traversée Sancy-Ouest.

En continuant il arrive à l’embranchement de la piste noire du Cratère. Cette piste atypique s’arrache dans la montée du Puy Montchal d’un coté, débaroule dans le cratère puis glisse à flanc de l’autre côté…à moins que ce ne soit le skieur. Le Puy Montchal est un cône de scorie, c’est à dire un édifice volcanique crée par l’accumulation de fragments de lave projetés autour du point de sortie du magma. Bref le skieur sportif l’aura compris cette piste vaut le détour, mais là il reste les 9/10e du trajet pour arriver au bout de la TSO alors, le skieur décide de poursuivre par la rouge de l’Escarot.

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piste rouge de l'Escarot

La piste emprunte un terrain chahuté qui est en réalité la surface d’une des coulées du Puy Montchal. Non loin de là se trouve le Creux du Soucis (repérable sur une carte IGN) qui a été formé par une petite explosion du fameux mélange explosif eau-magma.

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Dans la descente de l’Escarot qui mène à la route, le skieur n’a pas le temps de regarder le paysage et le vent froid lui fait pleurer ses yeux.

A partir de ce point la géologie est complexe et difficile à observer sous la neige. Il est possible cependant de remarquer le contraste des formes douces des plateaux tels le Cocudoux ou le col de la Genèste, qui ont été formes pas des coulées fluides, et les pentes escarpées des puys Gros et de Paillaret qui sont des dômes de laves visqueuses.

L’histoire géologique redevient accessible au skieur qui voudra l’observer dans la montée qui mène au cirque de la Fontaine Salée. En effet, parsemés dans les champs se trouvent des blocs  erratiques de quelques mètres de haut, et ce jusqu'au point culminant de la piste de ski de fond, où le skieur débouche dans le cirque glaciaire de la Fontaine Salée. Ces blocs arrachés au massif des Mont Dore et la forme en bol du fond de la vallée témoignent de l’histoire glaciaire de la région. Ces blocs ont été arrondis par le glacier puis déposés lors du réchauffement interglaciaire.

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Blocs erratiques temoins du passage du glacier

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Le cirque glaciaire de la Fontaine Salee

Les dernières géomorphologies du parcours facilement observables sont les planèzes des Plaines Brulées et de la montagne de Bozat qui sont autrement dit des anciennes coulées mises en relief par l’érosion.

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